Kudos!

Printemps 2013

> Message du directeur général du Musée canadien de la guerre et vice-président de la    Société du Musée canadien des civilisations
> L’art militaire de la Première Guerre mondiale
> Les trésors de l’Empress of Ireland
> Tisser des liens : l’inspiration de nos donateurs

 

Message du directeur général du Musée canadien de la guerre et vice-président de la Société du Musée canadien des civilisations

James Whitham
James Whitham, directeur général du Musée canadien de la guerre et vice-président de la Société du Musée canadien des civilisations

Ce numéro de Kudos! met en évidence des aspects essentiels du rôle des Musées, des aspects pratiquement inconnus des visiteurs : la conservation et la restauration. Les visiteurs ont la chance de voir les artefacts, qui sont si émouvants et inspirants, mais ils n’ont pas l’occasion d’observer les travaux minutieux de conservation et de restauration que nécessitent ces artefacts. Je suis convaincu que l’aperçu que vous aurez ici du travail des spécialistes responsables de la gestion des collections saura vous intéresser et vous étonner.

Les artefacts savent faire revivre les gens et les lieux du passé. J’ai toujours affectionné les artefacts du Musée canadien de la guerre et les histoires de courage et de sacrifice qu’ils nous font découvrir. C’est pourquoi j’ai fait carrière au Musée. C’est aussi pourquoi je me sens très honoré d’avoir récemment été nommé directeur général.

Je suis entré au Musée de la guerre en 1994 en tant que restaurateur industriel, responsable de la restauration et de l’entretien des plus gros artefacts du Musée : les avions, les chars de combat et les véhicules. Pendant la quinzaine d’années que j’ai consacrées à ces artefacts, j’ai découvert et compris la « personnalité » et les besoins particuliers de chacun d’entre eux. Ensuite, à titre de directeur des collections, je me suis occupé de la collection nationale d’histoire militaire; j’ai alors appris maintes histoires fascinantes et touchantes sur les anciens combattants, leurs familles et leurs collectivités, des histoires qu’incarnent les artefacts.

Mon nouveau poste me permet de sortir un peu des réserves où sont entreposés les artefacts et de m’entretenir avec des Canadiens de tous horizons. Je discute avec d’anciens combattants et avec leurs familles. Je rencontre aussi des responsables de musées militaires, des collectionneurs, des visiteurs, des donateurs et des commanditaires. Je constate combien nous touchons les gens en préservant et en exposant les artefacts qui racontent l’histoire de leurs parents, de leurs grands-parents et de leurs frères et sœurs. Nous sommes les gardiens d’un héritage qui appartient à toutes les Canadiennes et à tous les Canadiens.

Je tiens à vous remercier, donateurs et commanditaires, de nous aider à donner vie à l’histoire militaire canadienne. Votre contribution marque la différence. Je suis certain que vous partagez mon enthousiasme à l’égard du centenaire de la Première Guerre mondiale, qui approche à grands pas. En vue de cet événement, nous sommes en train de préparer une série d’expositions et une gamme d’activités. Nous cherchons à toucher le plus grand nombre possible de Canadiennes et de Canadiens et nous les encourageons à devenir donateurs, commanditaires ou bénévoles.

James Whitham

 

L’art militaire de la Première Guerre mondiale

La demeure d'un artiste à Bottom Wood, collection Beaverbrook d'art militaire, MCG 19710261-0732, Musée canadien de la guerre
La demeure d’un artiste à Bottom Wood, à mi-chemin entre Mametz et Contalmaison
Dessin par William Thurston Topham
Collection Beaverbrook d’art militaire
MCG 19710261-0732 © Musée canadien de la guerre

Des nuages de fumée qui s’attardent sur les champs de bataille lors de bombardements. Le visage terrifié et le regard fixe d’un soldat courant la nuit dans une tranchée. La lumière aveuglante des six phares d’un avion d’observation allemand perçant l’obscurité. Un soldat lisant un livre devant un abri.

Il y a presque un siècle, ces diverses scènes de la Première Guerre mondiale ont été croquées sur papier par des soldats et des artistes de guerre. Durant l’été 2014, ces œuvres et des dizaines d’autres seront exposées, certaines pour la première fois, au Musée canadien de la guerre, à l’occasion d’une exposition marquant le centenaire du déclenchement de la Première Guerre mondiale. Cette exposition permettra aux visiteurs de comparer les dessins de soldats, effectués dans les tranchées, aux larges peintures et croquis réalisées en atelier par les artistes de guerre. Presque toutes les œuvres proviennent de la collection Beaverbrook d’art militaire, qui comprend près de 13 000 tableaux, dessins, affiches et sculptures décrivant l’expérience canadienne de la guerre depuis 1760.

« Cette exposition soulève notre enthousiasme, déclare Meredith Maclean, gestionnaire de collections, Arts et artefacts. Nombre d’œuvres ont été réalisées dans des conditions difficiles, pour saisir sur le vif une émotion ou une impression. Beaucoup tracent un portrait immédiat et intime, toujours remarquable, de l’expérience de la guerre. »

L’équipe de gestion de la collection du Musée évalue les conditions de conservation et les exigences que pose l’exposition des croquis et dessins, plus fragiles que les peintures à l’huile. Certaines œuvres sont entreposées depuis des décennies et toutes nécessitent des mesures de conservation avant d’être exposées.

Protéger notre patrimoine national

La conservation de croquis et de dessins pose des défis multiples. Dans l’ensemble, ces œuvres sont montées sur des cartons qui doivent être remplacés pour éviter que celles-ci ne soient rongées par l’acidité. Avant de faire partie des collections du Musée, certaines avaient été fixées avec de la colle forte à des cartons de fabrication artisanale et devront dans certains cas être remontées, comme le décideront les conservateurs. Les œuvres elles-mêmes sont pour la plupart en excellente condition, ce qui témoigne de l’importance de prendre des mesures préventives pour les conserver.

L’exposition des œuvres comporte aussi des difficultés. Tout l’art de l’équipe des expositions consiste entre autres à inviter les visiteurs à poser un regard intime sur les œuvres, comme s’ils regardaient par-dessus l’épaule de l’artiste en train de dessiner. Mais la lumière peut endommager les croquis sur papier, qu’on protégera à l’aide d’un plexiglas bloquant les rayons ultra-violets.

Dépeindre une guerre nouvelle

Les œuvres seront regroupées par thèmes et l’exposition explorera la réaction des soldats et des artistes de guerre à la vie dans les tranchées et aux nouvelles technologies meurtrières adoptées pendant la Première Guerre mondiale : chars d’assaut, avions et mitraillettes modernes. Les soldats faisaient des croquis à l’intention d’autres soldats et montraient leur quotidien : l’ennui et la routine, l’inconfort, parfois la terreur. Les artistes de guerre croquaient souvent sur le vif leurs impressions, annotant parfois leurs dessins dont ils se servaient ensuite pour réaliser des tableaux. Soldats-artistes et artistes de guerre s’inspiraient largement du symbolisme des peintres paysagers de l’Europe romantique, représentant ruines, arbres morts, couchers et levers de soleil dans leurs toiles.

L’héritage d’un grand Canadien

L’exposition offre un aperçu de l’extraordinaire richesse de la collection Beaverbrook d’art militaire, que seule surpasse celle de l’Imperial War Museum de Londres. Parmi les récentes expositions créées à partir de la collection : Sur le vif – L’art militaire de la Corée à l’Afghanistan, qui rassemble près de 70 œuvres, et La Marine - L’œuvre d’un siècle, qui en réunit une quarantaine.

Une autre exposition commémorera la Première Guerre mondiale en 2014, en présentant les œuvres d’Alexander Young Jackson, sans doute le plus connu du Groupe des Sept, et de l’allemand Otto Dix. Elles seront prêtées par une vingtaine d’institutions pour la plupart allemandes. « Les visiteurs constateront le rôle essentiel qu’a joué l’art militaire dans l’évolution de ces deux artistes, déclare Laura Brandon, historienne au Musée canadien de la guerre. Ils verront comment leurs tableaux sont révélateurs de deux identités nationales bien distinctes. »

La collection Beaverbrook a été nommée ainsi en l’honneur de lord Beaverbrook, un Canadien exceptionnel qui devint un influent magnat de la presse, politicien et philanthrope de la scène britannique. En novembre 1916, lord Beaverbrook a fondé le Canadian War Memorials Fund, qui a engagé 116 artistes pour peindre des scènes du Canada en guerre. Ils en tirèrent 900 œuvres. Au fil des ans, la collection s’est enrichie d’une série d’œuvres d’art militaire allant de la Seconde Guerre mondiale et de la période de l’après-guerre, jusqu’au conflit actuel en Afghanistan. La fondation Beaverbrook a fait du Musée canadien de la guerre l’administrateur de cette extraordinaire collection d’art militaire et demeure l’un de ses plus généreux donateurs.

Vos dons nous aideront à préserver l’art militaire de la Première Guerre mondiale. Pour obtenir de plus amples renseignements, composez le numéro sans frais 1-800-256-6031.

 

Les trésors de l’Empress of Ireland

Le 29 mai 1914 se produisit au large de Rimouski, dans le fleuve Saint-Laurent, la catastrophe maritime la plus grave de l’histoire canadienne, catastrophe qui fit 1 012 morts, un bilan comparable à celui du RMS Titanic en 1912. Toutefois, peu de Canadiens se souviennent aujourd’hui du naufrage du RMS Empress of Ireland, un paquebot transatlantique ayant servi surtout au transport des immigrants qui se rendaient dans l’Ouest canadien, la terre promise.

Montre de gousset récupérée de l'épave de l'Empress of Ireland, IMG2012-0373-0121-Dm, Musée canadien des civilisations
Montre de gousset récupérée de l’épave de l’Empress of Ireland
IMG2012-0373-0121-Dm © Musée canadien des civilisations

Miroir à main récupéré de l'épave de l'Empress of Ireland, IMG2012-0373-0123-Dm, Musée canadien des civilisations
Miroir à main récupéré de l’épave de l’Empress of Ireland
IMG2012-0373-0123-Dm © Musée canadien des civilisations


En pleine nuit, une collision avec le Storstad, un navire charbonnier norvégien, au moment où le Saint-Laurent était couvert d’un épais brouillard, a eu raison de l’Empress. Le bateau n’a mis qu’une quinzaine de minutes pour s’enfoncer dans les flots. Pour marquer le centenaire de la tragédie, le Musée canadien des civilisations présentera une exposition qui retracera les événements dramatiques de cette nuit de 1914. L’exposition ouvrira ses portes en mai 2014 et elle rassemblera des dizaines d’artefacts récupérés de l’épave qui font dorénavant partie de la collection du Musée. D’ici là, ces artefacts, et d’autres qui leur sont reliés, seront étudiés, restaurés et préparés par les conservateurs du Musée en vue de l’exposition.

Le mariage de l’art et de la science

Cloche de brume de l'Empress of Ireland, Photo Frank Wimart, IMG2012-0281-0002-Dm, Musée canadien des civilisations
Cloche de brume de l’Empress of Ireland
Photo Frank Wimart, IMG2012-0281-0002-Dm
© Musée canadien des civilisations

La collection de l’Empress of Ireland, récemment acquise par le Musée grâce au Fonds de la collection nationale soutenu par des donateurs, comprend des instruments de navigation, des biens personnels, comme des bijoux et une montre de gousset en argent, de la porcelaine, de l’argenterie et la pièce de résistance – la cloche de brume du navire; faite de laiton, elle pèse 200 kilogrammes. John Willis, conservateur de la collection, parle de « l’acquisition d’objets du XXe siècle la plus importante que nous ayons faite jusqu’à présent. »

« Nous avons commencé à consigner les artefacts dans un registre et à les photographier, puis à choisir les mesures de conservation et les conditions d’entreposage qui leur conviennent, explique la conservatrice Amanda Gould. Le lieu de travail d’un conservateur est une sorte de croisement entre l’atelier d’un artiste et le laboratoire d’un scientifique. Nous avons besoin d’équipement de protection contre les solvants organiques et les produits chimiques que nous utilisons, comme nous avons besoin des outils de l’artisan pour traiter les artefacts. Nous devons être sensibles à la diversité des artefacts et comprendre l’intention de leurs fabricants. C’est la voie que nous suivons. »

L’exposition

La collection de l’Empress of Ireland a été acquise d’un collectionneur privé qui a également rassemblé des centaines de documents associés à l’Empress, à ses passagers ou au propriétaire du navire, la Canadian Pacific Steamship Company. Pour Amanda Gould, certaines des pièces les plus émouvantes de la collection sont reliées à l’histoire de Florence Barbour, une petite fille de huit ans dont le père était décédé dans une mine, et qui a perdu sa mère et sa sœur au cours du naufrage. « Nous avons son journal, écrit à la main, et de très beaux portraits de Florence et de sa famille », explique Amanda. Florence a été sauvée par un autre passager, Robert W. Crellin, un oncle qui l’a plus tard adoptée.

En plus de raconter l’histoire des passagers et de l’équipage, l’exposition donnera un aperçu de l’immigration canadienne au début du XXe siècle. Le RMS Empress of Ireland et son navire-jumeau, le RMS Empress of Britain, transportaient en effet des centaines de milliers d’immigrants européens de Liverpool, en Angleterre, jusqu’au Canada. Selon les estimations actuelles, environ un million de Canadiens pourraient descendre d’immigrants qui sont venus au pays en voyageant sur l’un des navires.

Le naufrage de l’Empress a fait la une des journaux partout dans le monde, mais après quelques mois, le début de la Première Guerre mondiale l’a fait tomber dans l’oubli.

Pour savoir comment verser un don au Fonds de la collection nationale et aider à protéger le patrimoine canadien, communiquez avec la Division du développement en composant le numéro sans frais 1-800-256-6031 ou rendez-vous au www.civilisations.ca/don et au www.museedelaguerre.ca/don.

 

Tisser des liens : l’inspiration de nos donateurs

Mme Maureen Barlow avec ses parents et son frère, 1943, droit d'auteur : Mme Maureen Barlow
Mme Maureen Barlow avec ses parents et son frère, 1943
© Mme Maureen Barlow

Toute famille conserve de vieilles photos ou missives, des documents importants comme les diplômes, les actes de mariage et de naissance, et même peut-être une paire de chaussons de bébés. Ces précieux souvenirs racontent l’histoire de notre famille et évoquent les expériences communes qui façonnent nos vies.

Le Musée canadien des civilisations et le Musée canadien de la guerre possèdent eux aussi de tels trésors, qui incarnent l’histoire de notre pays, une histoire commune faite de luttes, de triomphes, de drames, de joies et d’épreuves. Chaque année, des milliers de Canadiens font des dons aux Musées pour les aider à raconter de multiples façons l’histoire du Canada à un nombre toujours croissant de Canadiennes et de Canadiens.

Souvent, des histoires personnelles inspirent les donateurs. Par exemple, Maureen Barlow, de Pickering, en Ontario, a visité le Musée de la guerre en 2011. « Ma visite a été très inspirante, explique-t-elle, et m’a fait penser à mon père. Il a servi outre-mer de janvier 1943 à mars 1946. Pour ma mère, qui devait s’occuper à l’époque de deux nourrissons, la situation n’a pas été facile. Mon père est revenu de la guerre très ébranlé, ce qui fut une véritable épreuve pour notre famille. Je suis certaine que bien des familles ont vécu la même chose. Pourtant, je suis très fière de lui et de ses trois frères, qui se sont battus pour la liberté. J’ai versé un don au Musée de la guerre, car nous devons nous souvenir de ce qui est arrivé pendant les Première et Seconde Guerres mondiales et ainsi empêcher que de tels conflits ne se reproduisent. »

À quoi servent vos dons?

Pat Shapiro, agente des dons annuels à la Société du Musée canadien des civilisations, a récemment fait un don pour marquer le 90e anniversaire de naissance de son oncle, un colonel à la retraite. « Je voulais ainsi lui rendre hommage pour avoir servi si longtemps dans l’armée, explique-t-elle. Les dons nous empêchent d’oublier ceux et celles qui ont servi notre pays. Les donateurs ont par exemple appuyé un programme qui, l’an dernier, a permis à 100 000 élèves de visiter les musées. »

En versant un don, on peut également soutenir les programmes d’éducation en ligne, l’achat et la restauration d’artefacts, la préparation d’expositions aux Musées et ailleurs au pays, les projets spéciaux, comme le centenaire de la Première Guerre mondiale, qui offrira la possibilité au public d’accéder aux archives numérisées contenant documents, photographies, journaux de tranchées et enregistrements sonores.

Mme Barlow a perdu son père en 2002. Sa mère est âgée de 102* ans. « Sans le Musée de la guerre, conclut-elle, les gens oublieraient. »
* La mère de Mme Barlow est décédée récemment. Nous lui offrons nos condoléances.

Pour savoir comment vos dons marquent la différence, cliquer sur le bouton de commande Faites un don au bas de la page d’accueil des sites suivants : http://www.museedelaguerre.ca et http://www.civilisations.ca.

Lun, mar, mer, ven : 9 h à 18 h
Jeu : 9 h à 20 h
Sam, dim : 9 h 30 à 18 h
L'horaire complet
Musée canadien des civilisations
100, rue Laurier
Gatineau (Québec) K1A 0M8
Tél : 1-800-555-5621
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