Une nation reste vivante tant que sa culture reste vivante.
Examinez quelques-uns des magnifiques trésors présentés dans l'exposition Afghanistan – Les trésors retrouvés.

En y découvrant une cache funéraire en 1966, des fermiers ont mis au jour la plus ancienne preuve que la civilisation de l'Oxus, une culture de l'antiquité, a occupé une région se prolongeant jusqu'en Afghanistan.
Les artefacts provenant de Tepe Fullol révèlent la richesse générée par le commerce des matières précieuses de la région, notamment l'or et le lapis-lazuli. L'exposition présente des fragments de bols en or ornés de taureaux barbus, un motif qui indique des liens artistiques avec la lointaine Mésopotamie et montre que l'Afghanistan faisait déjà partie d'un vaste réseau commercial et culturel il y a 4 000 ans.

Cet avant-poste grec, fondé au IVe siècle avant notre ère, était jadis l'avant-poste grec le plus oriental d'Asie. Les traditions méditerranéennes et orientales ont ici été fusionnées en un style distinct. Aï Khanoum fut envahi et détruit par des nomades autour de l'an 145 avant notre ère.
Des archéologues français commencèrent à fouiller ce site bien préservé en 1964. En 1979, le site devint un champ de bataille. Il fut depuis l'objet de nombreux pillages. L'exposition présente de nombreux artefacts qui ont survécu et démontrent une forte influence grecque, notamment un chapiteau corinthien, des sculptures de pierre et une plaque d'argent doré représentant Cybèle, la déesse grecque de la nature.

Il y a 2 000 ans, la ville de Begram était un centre commercial animé de la route de la soie. Dans les années 1930, des fouilles archéologiques permirent de découvrir deux pièces d'entreposage scellées. Leur mise au jour révéla une cache de marchandise de commerce de luxe : des bronzes, des ivoires, des céramiques, des verreries et des objets laqués importés d'aussi loin que la Méditerranée, l'Inde et la Chine.
Les artefacts de l'exposition illustrent la diversité des cultures qui convergeaient à Begram : un gobelet de verre peint de l'Égypte romaine illustrant la récolte des dattes, trois statuettes d'ivoire d'une déesse indienne montant un makara (une créature à la fois crocodile, éléphant et poisson) et un masque en bronze de Silène, le compagnon de Dionysos, le dieu grec du vin.

Le site de Tillia Tepe (« la colline d'or ») fut découvert en 1978. Il s'agit de la source du célèbre trésor bactrien, une collection de plus de 20 000 ornements en or qui a été mise au jour dans les sépultures de six mystérieux nomades inhumés vers le Ier siècle de notre ère. Les artisans de ces ornements ont intégré et réinterprété des éléments des traditions qu'ils ont découvertes au cours de leurs voyages, et ainsi élaboré un style artistique unique empreint d'influences grecques, romaines, perses, indiennes, chinoises et sibériennes. Voilà pourquoi cette splendide collection est considérée comme l'une des plus importantes découvertes de l'histoire de l'archéologie.
Nombre d'ornements sont faits d'or massif et sertis de pierres semi-précieuses, telles que des turquoises d'Iran, des cornalines et des grenats des mines des environs. Une centaine des pièces les plus spectaculaires sont présentées, parmi lesquelles des colliers, des ceintures, des bagues et une couronne très élaborée, ainsi que deux ravissants pendentifs représentant un « maître dragon » tenant deux créatures légendaires dans une scène connue tant de l'art de la Perse ancienne que de l'art sibérien.