ILS ONT PAVÉ LE PARADIS : LA VIE DANS le parc de STATIONNEMENT

La genèse du projet

C’est en me promenant à New York en 2002 que j’ai eu l’idée de cette exposition. En me rendant de la 32e Rue au site du World Trade Centre, je suis passé par une douzaine de quartiers, la composition culturelle et l’ambiance changeant radicalement tous les cinq ou six pâtés de maisons. J’étais plongé tantôt dans la culture chinoise, tantôt dans la culture cubaine. Et quelques minutes plus tard, dans une autre culture… tout ça sans quitter la ville. Dans les commerces – qu’il s’agisse de dépanneurs, de boulangeries, de boucheries, de services de nettoyage à sec ou de tabacs – la langue employée était généralement celle du quartier et, dans certains cas, personne ne parlait anglais. Je n’avais rencontré aucun Autochtone, et j’ai commencé à me demander où le quartier autochtone se trouvait, si un tel quartier existait. Je me suis souvenu de quelque chose qu’a dit un employé du Native American Centre de la 5e Avenue à New York : « À New York, nous [les Amérindiens] sommes invisibles. Nous ne font l’objet d’aucun préjugé. Les gens ne savent même pas qu’on existe. » J’ai commencé à me demander comment les Autochtones qui vivent dans des centres urbains au Canada réussissent à maintenir leur langue, leur culture, leur identité et leurs valeurs et croyances traditionnelles, puisqu’il est assez difficile de maintenir ces valeurs importantes lorsqu’on vit dans des réserves.

Morgan Baillargeon, conservateur

   
  Danseurs lors du pow-wow de Brooklyn, 2005.  

   
  Artiste autochtone vendant ses peintures lors du festival artistique du Ashworth Holmes Park, Saskatoon, 2006.  

Autochtones en milieu urbain
Date de création : 18 décembre 2008.