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Lottie Betts Tushingham, championne de dactylo

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| Le nouveau bureau du XXe siècle |
| Des jeunes femmes pénètrent sur le marché du travail |


Christina Bates
Musée canadien des civilisations
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Le tournant du XXe siècle a été une période passionnante pour les femmes. Le Canada était en plein essor sur le plan financier et avait besoin de travailleuses pour occuper tous les nouveaux postes qui s'offraient.

On avait besoin de beaucoup d'enseignantes et d'infirmières pour les nouveaux hôpitaux et écoles construits pour desservir une population urbaine croissante. On avait aussi besoin d'ouvrières dans les usines, qui produisaient toutes sortes de biens de consommation, des sous-vêtements aux cigares. La nouvelle technologie des communications - le télégraphe et le téléphone - entraîna la création de nouveau nouveaux postes pour les femmes. D'autres travaillaient derrière les comptoirs dans les grands magasins et les banques. Quelques femmes très ambitieuses fréquentèrent même l'université pour devenir médecins et avocates - ce qui aurait été inimaginable au XIXe siècle!

   
 
   
   

Le nouveau bureau du XXe siècle
Le monde des affaires canadien était florissant. L'expansion des activités commerciales provoqua une formidable demande pour la rédaction de lettres, la tenue des dossiers et la gestion de bureau. La machine à écrire, cette remarquable nouvelle machine de bureau, répondit largement à cette demande. Vers 1900, toutes les grandes entreprises en possédaient au moins une.

Ensemble, les machines à écrire et une main-d'œuvre féminine enthousiaste changèrent à jamais le bureau. Aujourd'hui, nous acceptons que la plupart des employés de bureau soient des femmes, mais ce n'était pas le cas en 1900. Jusque-là, c'étaient essentiellement des hommes. Bientôt, ceux-ci furent remplacés par des femmes parce que les cadres s'étaient rendu compte qu'ils pouvaient donner un salaire moindre aux femmes. (En 1901, les femmes commis ne gagnaient que 53 pour cent du salaire de leurs homologues masculins.) En outre, les femmes surent vite utiliser la machine à écrire et elles étaient disposées à faire n'importe quel travail de bureau, si insignifiant fût-il. Toutes ces qualités en faisaient des employées idéales.

Int�©rieur de bureau �  London (Ontario)
   
   
   

Des jeunes femmes pénètrent sur le marché du travail
Entre 1891 et 1931, le nombre de femmes employées de bureau au Canada passa de 5000 à 120 000. La demande fut particulièrement forte pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918), où les femmes remplacèrent les jeunes hommes partis faire la guerre en Europe.

La plupart des femmes salariées en 1900 étaient jeunes et célibataires. Beaucoup voulaient un travail qui leur permette de tenir jusqu'au mariage. Certaines devaient gagner de l'argent pour aider leur famille. D'autres avaient besoin d'un salaire-subsistance pour vivre de façon autonome. Contrairement à aujourd'hui, les femmes mariées n'abandonnaient leurs tâches ménagères pour obtenir un salaire que si c'était nécessaire.

Les jeunes femmes qui ne pouvaient se permettre de rester à l'école travaillaient souvent en usine pour de bas salaires. Elles y accomplissaient des tâches monotones et épuisantes dans des entrepôts mal chauffés et mal aérés. Elles gagnaient à peine l'argent nécessaire pour subsister et devaient souvent vivre chez leurs parents. Le travail en usine était toutefois préférable aux emplois de domestiques, aux salaires encore plus bas et qui ne laissaient guère d'autonomie.

Étant donné les médiocres conditions de travail des ouvriers d'usine et des domestiques, les jeunes femmes préféraient le travail de bureau, qui était très positif pour elles. Avec un minimum de formation, elles pouvaient gagner assez pour vivre (si elles n'avaient pas d'obligations familiales) et elles travaillaient dans un cadre agréable et propre. De plus, les salaires étaient bien supérieurs à ceux qu'on gagnait en usine. (En 1901, les employées de bureau gagnaient 45 pour cent de plus que la travailleuse moyenne.) Toutefois, seules les rares jeunes femmes dont la famille pouvait se permettre de les envoyer à l'école, et qui recherchaient une carrière et non un simple emploi, devenaient des professionnelles.

Lottie Betts était l'une de ces jeunes femmes.

Lottie est née à Ottawa le 25 septembre 1889, aînée des enfants d'Isaac et Nellie Betts. Celle-ci avait été monteuse de chaudières pour le Canadien Pacifique jusqu'à ce qu'elle perde la vue dans un accident de travail. En 1902, la famille s'installa à Toronto. Lottie se rendit probablement vite compte qu'il lui faudrait travailler pour aider sa famille.

Nous ignorons où Lottie a étudié pour sa future carrière, mais elle doit avoir suivi un cours commercial, soit à son école secondaire, soit dans l'un des nombreux collèges commerciaux de l'époque à Toronto. Un cours complet durait six mois et coûtait environ 85 $ pour la scolarité et les manuels. Dans un cours de ce genre, Lottie dut apprendre la sténographie. Cependant, il portait surtout sur l'apprentissage de la dactylographie.

 
   
   
 
�‰cole de dactylographie, London (Ontario)
 
Lottie Betts
 
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Date de création: 2009-04-28
Dernière mise à jour: 2010-01-13
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