Sauter les liens de navigation

Lottie Betts Tushingham, championne de dactylo

 
 
La machine à écrire « dernier cri »
Les premières tentatives de création d'une machine à écrire remontent à il y a 200 ans. La plupart des premières machines n'étaient guère intéressantes, étant plus lentes que la main! La première personne à fabriquer et commercialiser une machine à écrire viable fut l'Américain Christopher L. Sholes. Après avoir expérimenté divers modèles, il approcha en 1873 les fabricants de fusils E. Remington and Sons pour produire ses machines.

L'invention de Sholes comportait un clavier à quatre rangées de touches comme aujourd'hui, mais la disposition des lettres et des chiffres n'était pas standardisée. On tapait avec seulement deux doigts en regardant le clavier. Un rouleau cylindrique était chargé manuellement d'un papier spécial. Quand le ou la dactylo appuyait sur les touches, le rouleau se déplaçait de droite à gauche au moyen d'un contrepoids. Le plus délicat consistait à juger jusqu'où laisser aller le rouleau avant de passer à la ligne suivante. Et, autre inconvénient, les touches frappaient le papier par en dessous, ce qui empêchait de voir ce qui avait été écrit.

Toutefois, au moment où Lottie s'installa pour la première fois devant une machine à écrire, vers 1905, celle-ci avait avait été grandement améliorée. On avait enfin inventé une machine pouvant produire une lettre plus vite que la main. Les lettres sortaient régulièrement claires sur le côté supérieur du papier, et un levier d'interlignage amenait doucement le papier à la ligne suivante. La disposition des touches du clavier était standardisée comme sur les claviers d'aujourd'hui. Lottie a dû apprendre à taper avec la méthode des dix doigts, et donc à le faire sans regarder le clavier.

La machine à écrire manuelle n'en était pas moins une machine compliquée avec ses 30 parties que Lottie devait mémoriser et entretenir. Celle-ci devait également apprendre à dactylographier rapidement et avec le moins de fautes possible. Trop de corrections gâchaient une lettre. Les erreurs ne pouvaient être corrigées que manuellement, au moyen de surfrappes (une touche par-dessus l'autre), d'un liquide correcteur, d'une bande ou d'une gomme à effacer.

   
Parties de la machine �  �©crire
 
Video
   

La clé du succès : la vitesse
Les nouvelles machines à écrire étaient dispendieuses. Elles coûtaient environ 125 $ - somme considérable à l'époque - et il n'était pas toujours facile de convaincre les entreprises d'en acheter. Pour en faire la promotion, les compagnies qui les fabriquaient envoyaient notamment des jeunes femmes dans les bureaux pour démontrer les qualités stupéfiantes de la machine.

Dès le début, la vitesse à laquelle on pouvait taper avait été un des principaux arguments de vente des nouvelles machines. Pour promouvoir les ventes, les fabriquants commanditaient des dizaines de concours de dactylographie dans les grandes foires et expositions au Canada, aux États-Unis et en Europe. Vers 1900, ce genre de concours était devenu une nouvelle sorte de manifestation sportive.

Des centaines de personnes étaient attirées par ces rencontres et la compétition était acharnée. Aucune compagnie de machines à écrire ne prit ces concours aussi au sérieux que l'Underwood Company de New York. L' « écurie » Underwood était sans égale, entraînée par un homme du nom de Charles E. Smith. Celui-ci était un chasseur de talents qui se rendait dans les écoles de secrétariat à la recherche de championnes potentielles. Il inventa aussi de nombreuses techniques de dactylographie rapide et versait à son équipe de dactylos d'excellents salaires.

La dactylographie exigeait beaucoup de concentration, d'adresse manuelle et de méticulosité, toutes qualités que Lottie, qui ne manquait pas non plus d'esprit de compétition, possédait en abondance. Son talent ne tarda pas à être reconnu, et on l'encouragea à prendre part à des concours de dactylographie. Mais c'est Smith qui découvrit Lottie et l'attira à New York en 1909 pour s'entraîner avec son « écurie ». Il lui enseigna bon nombre de ses techniques de dactylographie rapide, et cela donna des résultats.

Un an après s'être jointe à l'équipe Underwood, Lottie remporta un concours canadien de précision dans la dactylographie, ne faisant que 16 fautes en 30 minutes. Vitesse, précision et endurance étaient essentielles dans les concours. Lottie y excellait.

Au sommet de sa forme, Lottie tapait 103 mots à la minute, vitesse que bien peu de personnes peuvent atteindre, même avec les claviers électroniques d'aujourd'hui à retour automatique du chariot. Imaginez ce que ça pouvait être de dactylographier sans arrêt jusqu'à une heure avec une centaine d'autres dactylos expertes tout autour. Non seulement il faut être rapide comme l'éclair, mais on ne peut faire trop d'erreurs. Les observateurs de l'époque faisaient remarquer qu'après une longue séance à vitesse maximale, le sol autour des chaises des dactylos était mouillé à cause de la sueur qui avait dégoutté de leurs bras et de leurs coudes.

   
�‰quipe de dactylographie Underwood, 1912
Lottie Betts
M�©daille d'or
   
  [ Page 2 de 3 ] PrÃ?©cÃ?©dentSuivant  
 


Date de création: 2009-04-28
Dernière mise à jour: 2010-01-21
Votre pays. Votre monde. Votre Musée