La clé du succès : la vitesse Les nouvelles machines à écrire étaient dispendieuses. Elles coûtaient environ 125 $ - somme considérable à l'époque - et il n'était pas toujours facile de convaincre les entreprises d'en acheter. Pour en faire la promotion, les compagnies qui les fabriquaient envoyaient notamment des jeunes femmes dans les bureaux pour démontrer les qualités stupéfiantes de la machine.
Dès le début, la vitesse à laquelle on pouvait taper avait été un des principaux arguments de vente des nouvelles machines. Pour promouvoir les ventes, les fabriquants commanditaient des dizaines de concours de dactylographie dans les grandes foires et expositions au Canada, aux États-Unis et en Europe. Vers 1900, ce genre de concours était devenu une nouvelle sorte de manifestation sportive.
Des centaines de personnes étaient attirées par ces rencontres et la compétition était acharnée. Aucune compagnie de machines à écrire ne prit ces concours aussi au sérieux que l'Underwood Company de New York. L' « écurie » Underwood était sans égale, entraînée par un homme du nom de Charles E. Smith. Celui-ci était un chasseur de talents qui se rendait dans les écoles de secrétariat à la recherche de championnes potentielles. Il inventa aussi de nombreuses techniques de dactylographie rapide et versait à son équipe de dactylos d'excellents salaires.
La dactylographie exigeait beaucoup de concentration, d'adresse manuelle et de méticulosité, toutes qualités que Lottie, qui ne manquait pas non plus d'esprit de compétition, possédait en abondance. Son talent ne tarda pas à être reconnu, et on l'encouragea à prendre part à des concours de dactylographie. Mais c'est Smith qui découvrit Lottie et l'attira à New York en 1909 pour s'entraîner avec son « écurie ». Il lui enseigna bon nombre de ses techniques de dactylographie rapide, et cela donna des résultats.
Un an après s'être jointe à l'équipe Underwood, Lottie remporta un concours canadien de précision dans la dactylographie, ne faisant que 16 fautes en 30 minutes. Vitesse, précision et endurance étaient essentielles dans les concours. Lottie y excellait.
Au sommet de sa forme, Lottie tapait 103 mots à la minute, vitesse que bien peu de personnes peuvent atteindre, même avec les claviers électroniques d'aujourd'hui à retour automatique du chariot. Imaginez ce que ça pouvait être de dactylographier sans arrêt jusqu'à une heure avec une centaine d'autres dactylos expertes tout autour. Non seulement il faut être rapide comme l'éclair, mais on ne peut faire trop d'erreurs. Les observateurs de l'époque faisaient remarquer qu'après une longue séance à vitesse maximale, le sol autour des chaises des dactylos était mouillé à cause de la sueur qui avait dégoutté de leurs bras et de leurs coudes. |
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