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L'hygine personnelle au canada

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| L'atude de l'hygine au Canada | La situation en Europe |
| Les gens du peuple | L'aristocratie |
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La situation au Canada | Baignades et bains publics |

Jean-Pierre Hardy
Musée canadien des civilisations
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L’�©tude de l’hygi�¨ne au Canada
Comment Ã?©tudier l’hygiÃ?¨ne personnelle au Canada avant les annÃ?©es 1830? Nous n’avons pas beaucoup d’illustrations et de tÃ?©moignages Ã?©crits, provenant de cette pÃ?©riode, qui pourraient nous Ã?©clairer sur le sujet.

D’abord, on peut s’inspirer de la situation qui prÃ?©valait Ã?  l’Ã?©poque en France et en Angleterre, les deux pays qui ont le plus influencÃ?© le Canada Ã?  ce moment. Ensuite, on peut interroger certains documents se rapportant Ã?  la situation coloniale. Parmi ceux-ci, mentionnons les listes de marchandises importÃ?©es d’Europe, les documents judiciaires (des procÃ?¨s, par exemple), les journaux et les inventaires aprÃ?¨s dÃ?©cÃ?¨s des particuliers ÂÂ- l’Ã?©quivalent des actuels testaments. Ce dernier document est particuliÃ?¨rement riche parce qu’il indique le statut social d’une personne et les objets qu’elle possÃ?¨de dans sa maison, alors que les autres nous rÃ?©vÃ?¨lent seulement que les objets existent au pays, sans prÃ?©ciser qui les utilise.

   
Inventaire de Jean Mouchere des Moulins
 
   

La situation en Europe
Du Moyen Ã?‚ge Ã?  la fin du XVIIIe siÃ?¨cle, la toilette personnelle, en Europe, est « sÃ?¨che Ã‚», c’est-Ã? -dire que l’eau n’en fait gÃ?©nÃ?©ralement pas partie. La propretÃ?© est plutÃ?´t assurÃ?©e par l’utilisation de cosmÃ?©tiques et le changement plus ou moins frÃ?©quent des vÃ?ªtements. Comme dans bien d’autres domaines, un Ã?©cart important existe toutefois entre l’Ã?©lite et la population en gÃ?©nÃ?©ral.

 

Les gens du peuple
La masse de la population se contente habituellement de se laver les mains et le visage de temps Ã?  autre avec de l’eau, de changer de chemise Ã?  l’occasion et de se coucher la plupart du temps avec les vÃ?ªtements collÃ?©s au corps par la sueur de journÃ?©es laborieuses. On conserve sa crasse parce qu’on connaÃ?®t encore mal le mode de transmission des maladies et qu’on a peur de l’eau. L’eau est en effet considÃ?©rÃ?©e comme le principal vÃ?©hicule du cholÃ?©ra, de la peste et de toutes sortes d’autres maladies. Ces habitudes changeront peu avant la fin du XVIIIe siÃ?¨cle.

 

L’aristocratie
Pour la noblesse et une partie de la bourgeoisie, les pratiques liÃ?©es Ã?  l’hygiÃ?¨ne corporelle sont plus complexes. D’une part, les parties du corps qu’on entretient sont beaucoup plus nombreuses ÂÂ- les mains, le visage, les cheveux, les oreilles, les dents et, parfois, les pieds. D’autre part, l’apparence a une telle importance qu’on la confond parfois avec la propretÃ?©.

Jusqu’au milieu du XVIIIe siÃ?¨cle, la propretÃ?©, chez l’Ã?©lite, est avant tout affaire d’apparence et de vÃ?ªtements. Les variÃ?©tÃ?©s de tissus et les couleurs se multiplient, les perruques les plus extravagantes sont crÃ?©Ã?©es, les cheveux sont poudrÃ?©s et parfumÃ?©s au lieu d’Ã?ªtre peignÃ?©s et les poudres et pommades pullulent. Certains cosmÃ?©tiques, destinÃ?©s Ã?  cacher les odeurs fortes des corps mal entretenus, contiennent des substances toxiques (cÃ?©ruse, blanc de plomb, etc.) qu’on mettra du temps Ã?  reconnaÃ?®tre comme telles.

AprÃ?¨s 1750, grÃ?¢ce Ã?  la diminution radicale des Ã?©pidÃ?©mies et Ã?  l’Ã?©volution des thÃ?©ories mÃ?©dicales, l’eau est graduellement rÃ?©habilitÃ?©e. Les bains publics, fermÃ?©s depuis le dÃ?©but du XVIIe siÃ?¨cle pour des raisons de santÃ?© publique et de morale, reviennent Ã?  la mode. L’eau froide qui, dit-on, revigore le corps, raffermit les chairs et stimule l’esprit, est de plus en plus utilisÃ?©e pour les ablutions partielles. Ces pratiques ne touchent cependant qu’une partie de l’aristocratie ÂÂ- les documents font en effet foi de la raretÃ?©, chez eux, de baignoires, de bidets et de cuvettes.

L’apparence demeure toujours importante, mais les v�ªtements ne suffisent plus �  assurer la propret�© autant qu’avant. Celle-ci est dor�©navant associ�©e �  la sant�© plut�´t qu’aux conventions. On change donc les v�ªtements plus souvent, on all�¨ge les tissus et l’on simplifie les perruques, v�©ritables nids de puces et de poux. On remplace les essences fortes par de plus l�©g�¨res, �  base de fleurs, de fruits et d’herbes, destin�©es davantage �  s�©duire qu’�  purifier l’air ou �  camoufler les mauvaises odeurs.

   
Trottier dit Desrivi�¨res
Boutique de perruquier
 
 
   

La situation au Canada
L’eau Ã?©tant Ã?  la fois abondante et facilement accessible, au Canada ÂÂ- plus qu’en Europe de l’Ouest en tout cas ÂÂ-, on peut se demander si l’on s’en servait plus souvent pour faire sa toilette personnelle.

AprÃ?¨s une dure journÃ?©e de labeur sous un soleil torride, les habitants se jettent-ils Ã?  l’eau pour se laver ou simplement se rafraÃ?®chir? Les coureurs des bois et les voyageurs se baignent-ils rÃ?©guliÃ?¨rement dans l’eau froide ÂÂ- imitant en cela les Autochtones ÂÂ-, comme l’a dit (Ã?  tort) l’Ã?©crivain Jean-Jacques Rousseau? Aucun tÃ?©moignage de l’Ã?©poque ne vient confirmer de prÃ?¨s ou de loin ces hypothÃ?¨ses.

Pour obtenir un d�©but de r�©ponse �  ces questions, il faut interroger les documents qui peuvent nous dire comment et avec quoi l’on se lavait.

 
 
 

Baignades et bains publics
Au XVIIIe siÃ?¨cle, une minoritÃ?© de gens, parmi les plus fortunÃ?©s, possÃ?¨dent leur propre baignoire. Les autres se baignent dans les nombreux lacs et riviÃ?¨res. Dans l’ensemble, toutefois, ÂÂ- tout comme aux Ã?‰tats-Unis, en France et en Angleterre ÂÂ-, bien peu de personnes prennent un bain complet. Cette habitude ne se rÃ?©pandra pas avant le dÃ?©but du XIXe siÃ?¨cle, mÃ?ªme chez l’Ã?©lite.

Ainsi, vers les annÃ?©es 1810-1820, on frÃ?©quente de plus en plus les stations balnÃ?©aires en Europe, on multiplie les bains publics dans les principales villes nord-amÃ?©ricaines et l’on introduit les baignoires dans les plus grands hÃ?´tels canadiens et amÃ?©ricains de mÃ?ªme que dans les demeures des citoyens les plus riches. Mais la majoritÃ?© de la population se contente encore d’enlever le plus gros de la saletÃ?© en se passant une serviette d’eau froide sur le visage et les mains. Pour ce faire, on utilise n’importe quel bassin, jusqu’Ã?  ce que la table de toilette soit plus rÃ?©pandue, aprÃ?¨s 1825.

Table de toilette
 
   
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Date de création: 2009-05-01
Dernière mise à jour: 2010-01-21
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