Colonies et Empires
Guerres et rivalités impériales
La Nouvelle-France fut un territoire contesté, l’objet de conflits avec des populations autochtones et de fortes rivalités entre les grandes puissances européennes. On connaît bien le dénouement de la concurrence impériale : en 1763, au terme de la guerre de Sept Ans, la France signe le traité de Paris par lequel elle abandonne le Canada et son intérieur à la Grande-Bretagne; quant aux vastes territoires de la Louisiane à l’ouest du Mississippi, ils sont cédés à l’Espagne. Les guerres antérieures à la chute de la Nouvelle-France ne furent pas moins fondamentales à son développement.
La présente section examine la dimension conflictuelle de la présence française en Amérique du Nord. Les guerres européennes ont joué un rôle capital dans le développement des colonies. Aux guerres civiles, qui freinent les premières tentatives d’implantation, succède la lutte entre la France et la Grande-Bretagne. Au début du XVIIIe siècle, cette lutte impériale deviendra l’un des principaux moteurs du développement colonial. La Nouvelle-France se fera véritable bastion d’empire.
En parallèle, l’opposition de populations autochtones à l’expansion des réseaux d’alliance des Français entraînera de multiples conflits. Les Iroquois s’opposeront longtemps, et avec succès, aux colons de la vallée du Saint-Laurent. Dans l’intérieur du continent, les Renards, les Natchez et les Chicachas s’avèreront des adversaires tout aussi farouches. C’est en retraçant le déroulement et les répercussions de ces nombreux conflits que l’on découvre le profil des soldats, des miliciens et des indispensables alliés autochtones sur qui reposait la défense de la colonie.


