Coq, ©iStockphoto.com/narvikk | Vue de la Citadelle et des fortifications du cap Diamant à Québec (détail), vers 1785, James Peachy, Bibliothèque et Archives Canada, C-002029

Vie quotidienne

Sciences

Au moment où les Français s’implantent en sol américain, la science au sens moderne du mot n’en est qu’à ses débuts.  On parle encore de « philosophie naturelle » pour décrire l’étude objective de la nature et de l’univers physique.  C’est pourtant une véritable révolution scientifique et technique qui s’opère aux XVIe-XVIIIe siècles.  Les savants européens entreprennent de développer des méthodes d’investigation rigoureuses, vérifiables et reproductibles.  Ils publient abondamment.  Ils consolident leurs disciplines et s’institutionnalisent : à Paris, on fonde le Jardin du roi et l’Académie royale des sciences.

Mortier de bronze daté 1636, retrouvé près de Parry Sound, Ontario

Mortier de bronze daté 1636, retrouvé près de Parry Sound, Ontario

Le Nouveau-Monde représente bien entendu un sujet d’étude privilégié pour ces hommes qui cherchent à expliquer et classifier l’univers physique.   Les observations astronomiques revêtent une importance fondamentale de prime abord, car c’est sur elles que les navigateurs doivent se fier pour tenter de déterminer leur longitude.  Pour se rendre à bon port, on doit observer les astres et inventer des instruments.  Pour explorer et revendiquer un territoire, on doit faire des progrès cartographiques.

Les missionnaires jésuites, premier groupe organisé à avoir une formation poussée dans la colonie, consignent eux aussi leurs observations non seulement des cieux, mais aussi sur les ressources minérales, végétales et animales.  À leur suite, des physiciens et ingénieurs royaux font de même.  Quelques gouverneurs s’improvisent eux-mêmes savants.  Ces hommes se tiennent au courant des développements scientifiques européens et entretiennent une correspondance féconde avec leurs homologues de l’autre côté de l’océan.  La couronne française finance même la visite d’un botaniste suédois au Canada.   La colonisation contribue ainsi à l’avancement du savoir.