La place des Grottes du Poisson-Bleu dans la préhistoire béringienne










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NOTES




  1. Nous faisons référence aux options béringiennes stricto sensu ainsi qu’au concept de « couloir du Mackenzie » (Ives et al. 1989), sans pour autant nier la valeur de l’hypothèse « côtière » mise de l’avant par Fladmark (1979) et reprise par Gruhn (1988).
  2. Les grottes ont été découvertes accidentellement en 1975 et des sondages et des fouilles y ont été effectués, de façon intermittente, entre 1977 et 1987 (Cinq-Mars 1979 et 1982; Morlan et Cinq-Mars 1982).
  3. L’analyse ayant démontré que le lœss ne provient pas du paysage calcaire environnant (C. Tarnocai, comm. pers.), il nous faut chercher son origine dans les sédiments mis au jour au cours des cycles d’exondation des grands bassins lacustres (lacs glaciaires Bluefish et Old Crow) situés plus au nord.
  4. Ce contraste est aussi bien illustré par les résultats de l’étude d’une partie des microtinés des Grottes I et II, récemment effectuée par R. Morlan (1989).
  5. Toutes les datations de spécimens fauniques proviennent de la fraction collagène des ossements et, à part deux exceptions, ont été obtenues grâce à l’analyse spectrométrique de masse par accélérateur effectuée par R.M. Brown (Énergie atomique du Canada) et, plus particulièrement, par E. Nelson (Université Simon Fraser).
  6. Il s’agit d’une controverse concernant la nature exacte et la viabilité relative du milieu béringien au cours du Pléniglaciaire supérieur, l’ensemble du problème ayant été qualifié de productivity paradox (Schweger et al. 1982). Pour d’aucuns (Cwynar et Ritchie 1980), ces régions n’auraient pu supporter, au mieux, qu’un biome très appauvri; selon d’autres, au contraire, le milieu aurait été biologiquement très riche (Guthrie 1985; Matthews 1982).
  7. Deux objets (un nucléus et un fragment de microlame) ont été découverts dans l’humus à cailloutis de la grotte II, dans des contextes vraisemblablement remaniés. Une des crêtes de l’affleurement calcaire du Poisson-Bleu a également fourni, en surface, quelques petits éclats ainsi qu’une microlame.
  8. Les calcaires du Poisson-Bleu ne contiennent pas de chert. Les quelques exemples de ce matériaux trouvés dans la région (dans quelques affleurements rocheux situés à l’est de grottes ou sous forme de galets roulés dans les lits de rivières) sont de très mauvaise qualité. Par ailleurs, nous savons que des cherts semblables à ceux des grottes I et II sont fréquemment trouvés dans les nombreux gisements archéologiques situés plus de cent kilomètres au nord, le long des contreforts de la Cordillère (chaînons Brooks, British et Barn).
  9. En général plus petits que 0.003 m, ces éclats sont recueillis lors du traitement des échantillons de sédiments (Cinq-Mars 1979; Fladmark 1982).
  10. Jusqu’à présent, l’identification de ces traces dont la lecture est souvent difficile a été faite à l’aide du microscope binoculaire. Nous entreprendrons sous peu un travail de verification au microscope à balayage électronique (MEB) en utilisant la démarche proposée par Shipman (1981).
  11. Mentionnons aussi que cet éclat participe de la catégorie précédente puisqu’il présente sur sa face dorsale, une courte incision causée par un tranchant.
  12. Ce techno-complexe est mieux connu, en Sibérie, sous le nom de culture ou tradition Diouktai (Mochanov 1978, 1980). Comme il est hors de notre propos de discuter de son origine, de son ancienneté et, même, de sa signification, nous nous contenterons de souligner que ces problèmes sont loins d’être résolus (Dolitsky 1985; Yi et Clark 1985). Néanmoins, selon ces auteurs, sa présence dans le nord-est de la Sibérie semble clairement attestée à la fin du Pléniglaciaire, autour de 18,000 ans BP, ce qui s’accorde bien avec l’âge que nous croyons pouvoir lui assigner, en Béringie orientale, à partir des données du Poisson-Bleu.
  13. La localisation des manifestations culturelles qui intéressent Powers et Hoffecker (1989) semble pouvoir s’expliquer par le fait que la vallée de la Nenana ainsi que certaines régions avoisinantes furent, à la fin du Tardiglaciaire, des zones-refuges où se retrouvèrent les derniers vestiges de la toundra herbacée et de la « faune à mammouth ». On peut donc supposer qu’y perdurèrent aussi, chez certains groupes humains, des modes d’adaptation et d’exploitation du milieu dont l’apprentissage était vraisemblablement pan-béringien et, nécessairement, plus ancien.
  14. Le lecteur pourra trouver dans un autre article (Cinq-Mars et Morlan 1989) une critique de ces contre-hypothèses qui s’appuient sur divers phénomènes naturels afin d’expliquer la présence d’ossements de mammouth taillés par percussion dans les gisements fossilifères de la rivière Old Crow. Notons, par ailleurs, que nous ne nions pas la justesse de ces contre-hypothèses lorsqu’il s’agit de mettre en lumière les causes de certains autres types de modification sur des ossements d’espèces diverses.
  15. Il s’agit, bien entendu, des thèses défendues par Paul Martin (1982) et Vance Haynes (1982).
  16. Sans nécessairement les accepter d’emblée, nous faisons référence à des gisements tels que Meadowcroft (Adovasio et Carlisle 198,6), Monte Verde (Dillehay et Collins 1988), Toca do Boqueirao da Pedra Furada (Guidon et Delibrias 1986) et Taima-Taima (Gruhn et Bryan 1984). Il est évident, par ailleurs, que contrairement à celui mis de l’avant par Irving et ses collègues (Irving et al. 1986), le cadre de référence chronologique béringien que nous avons tenté d’illustrer n’est pas encore en mesure de s’accommoder d’un gisement tel que la Toca da Esperança (de Lumley et al. 1987).
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