George MacDonald
Directeur exécutif
Musée canadien des civilisations
Résumé
De plus en plus de musées se lancent sur le Web. Seront-ils capables de s’y implanter? Une présence en direct réussie, à long terme, exige la collaboration avec des partenaires de lÂ’industrie, en plus de trouver des moyens de financer les services éducationnels par le biais de projets commerciaux.
(Document présenté lors du Canadian National Internet Show, Toronto, le 29 mars 1996)
Introduction
Les musées, à lÂ’instar dÂ’une foule dÂ’autres organismes, prennent peu à peu conscience de la façon dont lÂ’Internet peut les aider à joindre un public plus nombreux, à mieux se faire connaître comme destinations touristiques et à distribuer leurs produits de façons dont peu disposait de ressources suffisantes pour tenter de le faire auparavant. De plus en plus de musées entrent dans la course et inaugurent des sites Web. Ils en viennent à apprécier le potentiel de lÂ’Internet aux fins éducatives, de promotion et pour produire des recettes, recettes dont ils dépendent de plus en plus dans le contexte économique actuel, alors que le gouvernement sabre les budgets des organismes et que les fonds de commanditaires se font de plus en plus rares.
De prime abord, le Web peut sembler un moyen relativement peu coûteux dÂ’atteindre ces objectifs. Il suffit dÂ’un paiement modique tous les mois pour sÂ’assurer dÂ’un espace serveur auprès dÂ’un fournisseur commercial. La création de pages Web peut être confiée à un employé enthousiaste qui sÂ’y connaît un peu en informatique, voire même à un bénévole ou à un étudiant — qui se serviront peut-être même de leur propre ordinateur personnel et scanner pour convertir les images en format numérique. Et voilà, le tour est joué, votre musée a son propre site Web.
Et maintenant? Votre modeste site, qui contient du texte extrait de vieux dépliants et quelques jolies images, nÂ’en est quÂ’un de plus parmi des milliers sur le Web. Il se peut fort quÂ’il retienne lÂ’attention de quelques internautes curieux pendant une ou deux minutes, mais ceux-ci ne tardent pas à passer à autre chose, laissant votre site dans leur sillon, et dans lÂ’oubli.
Le Web nÂ’attend personne. Il est un environnement de plus en plus concurrentiel, et pour disposer dÂ’un site qui attire fréquemment les mêmes visiteurs, qui peut bâtir et retenir une clientèle fidèle, il faut quÂ’il ait beaucoup dÂ’attrait ou beaucoup de substance, ou préférablement les deux. Le cas échéant, il nÂ’est plus question dÂ’un investissement modique. Il est question dÂ’une connexion rapide à lÂ’Internet, voire même votre propre serveur. Il est question de développement planifié. Il est question de plusieurs employés, certains à plein temps, dÂ’autres à temps partiel, affectés à travailler sur le site Web. Il est question de compétences spécialisées, comme la conception, la programmation et la communication, sans même parler des spécialistes du contenu. Il est question de la capacité, tant du point de vue de la forme que de celui de lÂ’acquisition de matériel et de logiciels, de rester au fait des derniers développements et de leur trouver des applications propres aux musées.
En somme, il est question de lÂ’engagement soutenu de ressources aux fins de la diffusion externe par voie électronique. En lÂ’occurrence, il sÂ’agit de réaffecter des fonds que les musées consacraient auparavant à dÂ’autres activités ou il peut sÂ’agir de trouver des façons de produire directement et rapidement des recettes par le projet Web, idéalement avec un retour lÂ’exercice même de sa mise en œuvre. Ce nÂ’est pas un jeu dÂ’enfant. La plupart des musées devront pendant plusieurs années réaffecter des fonds de leurs budgets actuels avant de franchir le seuil de rentabilité.
Le but principal de mon exposé aujourdÂ’hui est dÂ’envisager des moyens que peuvent éventuellement prendre les musées pour assurer la viabilité financière des projets Web, soit par lÂ’étalement des coûts grâce à des partenariats, soit par le recouvrement de coûts grâce à des applications commerciales. À cette fin, je mÂ’attarderais à ce que fait lÂ’établissement auquel je suis attaché, le Musée canadien des civilisations, à cet égard.
JÂ’ai également lÂ’intention de mÂ’attarder quelques instants sur ma vision du musée virtuel et je tiens aussi à faire quelques observations sur le public du Web. Cependant, dans un premier temps, je me contenterai de résumer lÂ’ampleur de lÂ’activité des musées au niveau du Web.