Considérations d’ordre commercial associées à la connexion en direct des musées










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Le public du Web


Plusieurs enquêtes ont été menées sur le public de lÂ’Internet ou du Web, y compris des enquêtes périodiques du Georgia Institute of Technology, lÂ’enquête auprès des consommateurs dans le cadre du projet HERMES et les études démographiques CommerceNet/Nielsen. DÂ’après la comparaison des résultats de ces diverses enquêtes, qui parfois sÂ’accordent et parfois se contredisent, nous pensons pouvoir conclure quÂ’il y a entre 25 et 30 millions dÂ’utilisateurs réguliers du World Wide Web et que la dominance de lÂ’ordre de 60 à 70 p. 100 des Américains, parmi ce public, diminue lentement. Le deuxième groupe dÂ’utilisateurs en importance est le Canada, dont près de trois millions des habitants disposent dÂ’un accès au Web.


Le profil des utilisateurs du Web évolue également. À lÂ’heure actuelle, il semble que le tiers des utilisateurs du Web sont des femmes et que cette proportion croît dans le sens de la proportion de la population générale. Ce phénomène est en partie attribuable au nombre croissant dÂ’étudiants et dÂ’enseignants qui sont branchés au Web.


En revanche, lÂ’âge moyen des utilisateurs est relativement stable, aux environs de 35 ans, ce qui est plus bas que dans la population générale, tandis que le revenu moyen des utilisateurs est plus élevé que celui de la population générale, ce qui nÂ’a rien dÂ’étonnant.


Le nombre dÂ’heures que les gens passent à consulter le Web augmente et, quoique la consultation au hasard demeure la principale activité, la consultation aux fins éducatives ou de divertissement est à la hausse. En revanche, les achats en direct demeurent une activité très limitée, ce qui a incité certains experts-conseils en affaires — qui semblent penser que les fins commerciales sont les seules et uniques de lÂ’Internet! — à en annoncer la disparition imminente. Leurs déclarations ont été reprises par les médias dans des titres comme «Le commerce sur Internet est jugé mort» et «Le World Wide Web, un château de cartes».


Ces rumeurs sur la mort de lÂ’Internet sont très exagérées. Elles sont attribuables à une vision tubulaire et à des perspectives à court terme. Une fois que les essais sur le projet Secure Electronic Transactions seront terminés, nous pouvons nous atteindre à observer un renouvellement de la confiance des utilisateurs à lÂ’égard du Web comme moyen de faire des achats. Il est certain que la croissance de la consommation sera lente. Il est aussi certain quÂ’il se fera un triage naturel des entreprises en direct à mesure que lÂ’on comprendra mieux quels types de produits les consommateurs sont prêts à acheter en direct. Il nÂ’y a aucun bénéfice à retirer dÂ’offrir aux consommateurs des systèmes de commande et de paiement en direct si les produits ne les intéressent pas. Par contre, les entreprises qui font preuve dÂ’endurance et qui offrent les bons produits, avec de bonnes pratiques de mise en marché, et qui offrent un bon service à la clientèle, réaliseront un chiffre dÂ’affaires suffisant pour justifier leur présence sur le Web. La technologie nÂ’est pas, en elle-même, le moyen miracle de conjurer des sous en direct. CÂ’est une saine stratégie dÂ’affaires quÂ’il faut.


On peut sÂ’attendre que dÂ’ici deux ans, un public massif, dont le profil sera plus proche des caractéristiques démographiques de la population générale, sera à lÂ’écoute en direct. Les musées qui auront eu le temps de se familiariser avec lÂ’environnement et de capter une partie du public devraient alors se trouver en bonne posture. On ne dispose pas, à lÂ’heure actuelle, de beaucoup dÂ’information sur le sous-groupe particulier des utilisateurs du Web qui visitent les pages dÂ’accueil des musées, mais les données démographiques générales sur les utilisateurs du Web indiquent que leur profil est semblable à celui des personnes qui traditionnellement visitent les musées, du point de vue du revenu, du niveau de scolarité et des intérêts qui tiennent à la fois du divertissement et de lÂ’éducation. En revanche, ils se distinguent par le fait quÂ’ils ne font généralement pas partie dÂ’unités familiales et que leurs ordinateurs sont pour eux leur accès au monde (tandis que dans le cas des visiteurs traditionnels des musées, la visite est en partie une expérience sociale). De plus, même si lÂ’âge moyen des utilisateurs du Web est de 35 ans, les adolescents et les jeunes au début de la vingtaine représentent une proportion importante des utilisateurs du Web, or ils ne font traditionnellement pas partie du public qui visite les musées. Il sÂ’agit dÂ’ailleurs là dÂ’un public que nous souhaitons nous attacher, par le biais de notre service Internet, ce qui devrait stimuler son désir de visiter les locaux mêmes du Musée.


À mesure que le public se fera plus nombreux et que lÂ’on saisira mieux ses caractéristiques démographiques, les musées pourront concevoir des services plus spécifiques et spécialisés, destinés à des groupes particuliers. Alors quÂ’à lÂ’heure actuelle, les utilisateurs du Web sont peu enclins à payer pour avoir accès aux sites individuels qui ne présentent pour eux quÂ’un intérêt passager, il deviendra possible dÂ’offrir des services ciblés à des publics spécifiques selon des modalités d’abonnement ou de facturation. Cette approche est certainement inévitable si les musées veulent continuer dÂ’investir dans les services en direct. En somme, ces services finiront par se rapprocher du paradigme de diffusion limité des canaux spécialisés de la télévision payante.

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