L’éducation muséale au Québec : aperçu historique




 





- Page 2 –






Épisode 1 : des tentatives de démarrage



Dès les premières années du XIXe siècle, on voit apparaître et disparaître des musées aux contenus divers, particulièrement à Montréal et à Québec. Ces musées sont, dans un premier temps, l’œuvre de passionnés ou d’entrepreneurs. C’est ainsi que des musées d’histoire naturelle et des musées ambulants foisonnent pendant toute la première moitié du XIXe siècle. Ceux-ci offrent de l’hétéroclite, des curiosités, du sensationnel. Certains accompagnent leurs présentations de spectacles divers, de dioramas, de jeux de divertissement, de pièces de théâtre, de concerts, de livrets explicatifs. Cet aspect ludique, qui n’est pas étranger à nos musées contemporains, est un élément fondamental pour attirer les foules, particulièrement les familles, mais aussi, à l’occasion, les scolaires. Il est difficile cependant de mesurer le sérieux de toutes ces présentations, particulièrement face à la transmission d’information (voir Gagnon pour en savoir davantage).


La plupart des ancêtres des grands musées occidentaux contemporains verront le jour dans la seconde moitié du XIXe siècle. Sous l’impulsion de mécènes, d’institutions religieuses, de collèges et d’universités, des collections seront rassemblées, des musées seront créés. Ces lieux d’exposition représenteront par la suite, et ce jusqu’à aujourd’hui, des lieux de savoir très austères où la science et la connaissance seront catégorisées. Il s’agit du musée victorien, stéréotype avec lequel bien des muséologues doivent encore composer en ce début de millénaire. Ce musée sera mû par le désir d’éduquer la masse afin d’accroître le bien-être social et économique. En marge, les musées offriront des cours, des conférences, des ateliers, etc.


Il est intéressant de noter que les musées apparaîtront en même temps que les systèmes d’école publique. L’école et le musée partagent en fait une fonction d’éducation importante. D’ailleurs, Egerton Ryerson, le grand réformateur ontarien à qui nous devons le système scolaire public de cette province, créera dans les années 1850 un musée à l’intention des enseignants en formation ainsi qu’aux élèves des écoles torontoises. Pour lui, le musée devait être une composante essentielle du développement de tout individu. Les collections amassées pour ce musée donneront naissance, plusieurs années plus tard, au Musée royal de l’Ontario.


Toutefois, à mesure que les écoles assumeront leurs rôles, les musées se délesteront progressivement de leur mandat éducatif et se concentreront sur le collectionnement et l’étude scientifique de leur contenu. Au Québec, nous verrons naître des projets ou des collections qui formeront plus tard de grands établissements publics : par exemple, le Musée des beaux-arts de Montréal (Art Association), Musée des beaux-arts du Canada, le Musée canadien des civilisations (Commission géologique du Canada) et le Musée du séminaire de Québec.




Épisode 2 : l’effervescence



Le retour au mandat éducatif du musée se fera à partir des années 1960 et 1970, époque où l’on verra une effervescence muséale reliée à une prise de conscience de l’importance du patrimoine. Il est intéressant de noter que, selon Allard, l’Exposition universelle de 1967 a pu créer un engouement pour les musées au Québec, à l’instar de la grande exposition universelle de 1851 à Londres. Au Québec, le Musée des beaux-arts de Montréal met sur pied le premier service éducatif en 1961. Même si de nombreuses activités dites éducatives étaient offertes depuis les années 1930, ce musée réalise ou reconnaît l’importance de sa mission éducative et sera pour plusieurs un précurseur et une inspiration. Pendant ces deux décennies, le milieu de l’éducation muséale prend forme graduellement avec la création de nombreux musées au Québec et le développement des programmes pour les scolaires. En fait, l’éducation muséale rimera désormais avec les écoles. Une littérature professionnelle rattachée au monde de l’éducation muséale prend de l’ampleur, tant au Québec que dans les autres pays occidentaux, particulièrement aux États-Unis, dans un premier temps, et en Angleterre, dans un second temps. Les premiers écrits portent souvent sur les problèmes quotidiens auxquels les éducateurs doivent faire face dans leur travail ou des questions d’ordre pratique : l’absence de reconnaissance professionnelle et de littérature sur leur nouvelle profession, la trop grande dépendance à l’égard du monde scolaire et de ses aléas (transport, budget, etc.), la charge de travail (la plupart des éducateurs conçoivent, supervisent et livrent les programmes eux-mêmes) ou encore la conception de programmes, les techniques à succès, etc.

Haut














Page 1 Page 3 Page 4 Page 5 Page 6


Rechercher toutes les collections

Publications

Voir les publications du Musée canadien des civilisations!Voir nos publications

Histoire militaire

Visitez le Centre de recherche sur l'histoire militaire!Centre de recherche sur l'histoire militaire