Les musées et Internet : huit ans d’expérience canadienne













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MISE EN VALEUR DU PATRIMOINE VIRTUEL AU CANADA







Les Canadiens ont rapidement adopté Internet, le considérant comme un outil de communication efficace. Depuis que le Canada est devenu pays, le gouvernement national et le secteur privé investissent des ressources énormes pour tenter de l’unir, d’abord en construisant un chemin de fer national, puis en se lançant dans les télécommunications par satellite et enfin, plus récemment, dans les réseaux à très large bande. Exception faite de la Corée 2, la pénétration de l’accès Internet à large bande est plus poussée au Canada que partout ailleurs dans le monde, y compris aux États-Unis. Selon l’Enquête sur l’utilisation d’Internet par les ménages 3 menée par Statistique Canada, en 2000, 51 p. 100 des ménages canadiens comptaient au moins un membre qui utilisait Internet. Un sondage plus récent 4 révèle une hausse de 18 p. 100 de la consultation d’Internet à la maison entre 2000 et 2001.


L’utilisation d’Internet et les caractéristiques démographiques des utilisateurs sont comparables au Canada et aux États-Unis 5.



  • La consultation d’Internet est désormais fermement ancrée dans le mode de vie nord-américain; pour la classe moyenne, le fait de ne pas avoir accès à Internet à la maison se résume à être défavorisé.
  • L’engouement pour Internet est particulièrement prononcé parmi les jeunes, mais il demeure que de plus en plus de gens de tous les groupes d’âge consultent également.
  • Auparavant, les utilisateurs étaient principalement des hommes très scolarisés, gagnant un revenu élevé et ayant suivi une formation technique; désormais, les caractéristiques démographiques des utilisateurs se rapprochent nettement plus de celles de la population générale.
  • Les utilisateurs, à mesure qu’ils gagnent en expérience et en confiance, consultent Internet plus souvent et pendant plus longtemps; il est probable que les heures passées à regarder la télévision diminuent en faveur de l’utilisation d’Internet, tant chez les adultes que chez les enfants.
  • Si quelque 80 p. 100 des utilisateurs continuent de se connecter à Internet au moyen d’une ligne téléphonique, le nombre de connexions à haute vitesse (câble et téléphone) augmente lentement, mais sûrement.
  • Les gens n’utilisent plus Internet principalement pour avoir accès au courriel, mais pour se prévaloir d’un accès rapide et pratique à l’information; la recherche d’information distance de loin tous les autres usages faits d’Internet 6.
  • De plus en plus, Internet est perçu comme un énorme amalgame de connaissances encyclopédiques, des ressources des bibliothèques, d’archives et de périodiques. Actuellement, la fonction de divertissement n’est pas centrale à l’utilisation d’Internet.

La vaste majorité des gens qui consultent Internet y voient une riche source d’information, laquelle est de plus en plus considérée comme fiable. Cette perception est ironique dans la mesure où la proportion des connaissances humaines présentée sur le Web demeure petite et fragmentaire, par rapport au fonds d’information que détient une bonne bibliothèque publique 7. Le Web est en voie de devenir l’outil de publication le plus démocratisé de l’histoire de l’humanité; après tout, ce sont les sites créés volontairement par des particuliers qui forment la pierre angulaire d’Internet. Vu cette confiance croissante à l’égard du Web, il est d’autant plus important que les établissements qui possèdent un fonds de connaissances solide, comme les musées, participent étroitement à la prestation en direct d’un contenu d’information exact.


Les musées canadiens ne se sont pas précipités quand le Web a fait son apparition. Les deux premiers sites Web de musées canadiens, qui datent de 1994, sont celui du Centre des sciences de l’Ontario et celui du Musée canadien des civilisations. En dépit de ces premiers modèles, les plus grands et les mieux nantis des musées (tant ceux du Canada que des autres pays) ont tardé à s’engager dans la voie. Les projets de diffusion sur le Web tenaient davantage de l’initiative d’un(e) employé(e) enthousiaste ayant une certaine connaissance des ordinateurs et maîtrisant, grâce à ses efforts personnels, les rudiments de la création de pages Web, qui était prêt(e) à assumer des fonctions supplémentaires dans le contexte d’une expérience bénéficiant d’un financement minimum, avec l’indulgence de la direction de l’établissement. D’ailleurs, au sein des établissements d’envergure où les questions de financement et de programmation sont abordées par voie de démarches de planification officielle, l’exploration des possibilités d’Internet a typiquement été caractérisée par un retard marqué.


Le Web existe depuis à peine 10 ans, mais il demeure que les technologies connexes et les techniques de conception et de programmation ont considérablement évolué. En dépit de ces avances, le Web demeure hors de la portée des musées plus petits qui disposent de moindres ressources. Par rapport aux méthodes conventionnelles (sur papier) de diffusion de l’information, la diffusion en direct exige un matériel moins coûteux, moins de compétences spécialisées et un effectif nettement réduit et engendre des coûts de distribution moindres. Le Web continue de constituer pour tous les musées, peu importe leur taille, une occasion de faire une promotion internationale et d’atteindre certains de leurs objectifs didactiques, le tout de façon rentable.


On peut affirmer aujourd’hui, sans risquer de se tromper, surtout compte tenu de l’attention accordée tant par le gouvernement national que par les échelons locaux, que la majorité des 2 300 musées et établissements patrimoniaux du Canada ont une présence quelconque sur le Web 8. L’importance de l’investissement varie beaucoup d’un établissement à l’autre, mais il demeure que même les établissements qui emploient un effectif bénévole parviennent habituellement à trouver un volontaire qui est prêt à ajouter une page consacrée à l’établissement à son site Web personnel. Le Web nivelle les chances plus que la majorité des autres outils de mise en marché; un imprimé n’a pas une portée géographique comparable. S’il est vrai que les petits musées sont rarement en mesure d’engager des professionnels pour créer d’impressionnants sites Web assortis de fonctions interactives, il demeure que les sondages montrent que les internautes attachent plus d’importance à la qualité de l’information que contient un site et à la capacité de l’extraire rapidement. Les petits musées qui amorcent un projet de diffusion sur le Web doivent apporter un soin particulier à la planification de la structure du site et aux fonctions de navigation dans la mesure où ils peuvent être contraints de commencer avec un petit site qu’ils développeront au fil des années.





Musée de la civilisation
Musée de la civilisation
http://www.mcq.org



Au Canada, les sites les plus substantiels et d’apparence la plus professionnelle sont ceux des établissements provinciaux et nationaux. Le Royal British Columbia Museum, le Royal Ontario Museum, le Musée de la civilisation de Québec et le Nova Scotia Museum ne sont que quelques exemples de musées d’histoire humaine dotés de sites Web solides et fermement implantés 9. Cependant, bien des sites Web de taille respectable consacrés au patrimoine humain du Canada ne relèvent pas de musées, mais plutôt d’autres établissements à vocation culturelle comme la Bibliothèque nationale, qui a créé sa « Bibliothèque numérique du Canada », et les Archives nationales qui ont compilé, à l’instar de la Library of Congress des États-Unis, une collection d’expositions virtuelles regroupées sous l’appellation « La mémoire du Canada » 10. Les sites de ministères et d’organismes gouvernementaux, comme le ministère des Anciens combattants, Parcs Canada et le ministère des Affaires indiennes, intègrent des ressources didactiques qui font autorité 11. De plus, des organisations non gouvernementales présentent aussi en direct du matériel historique, comme la Canadian Heritage Gallery, le Portail vers l’histoire canadienne, Canada History, Histor!ca, et Notre mémoire en ligne 12.





Bibliothèque nationale du Canada
Bibliothèque nationale du Canada
http://www.collectionscanada.ca/index-f.html





Portail vers l'histoire canadienne
Portail vers l’histoire canadienne - créé par la Société historique du Canada et Chinook Multimedia Inc.
http://www.canadianhistory.ca/fr/index.html



Certains projets du secteur privé bénéficient d’un financement public parce que le gouvernement fédéral mise beaucoup sur le développement d’Internet au Canada. Le projet Rescol compte parmi les premiers de ces projets : il visait la création d’une infrastructure et le perfectionnement du corps enseignant de sorte que pratiquement toutes les écoles du Canada puissent se prévaloir de ce volet pédagogique du Web. Rescol a engendré un programme de création de contenu décentralisé, en vertu de modalités de financement, intitulé « Collections numérisées du Canada ». Ces collections constituent vraisemblablement le plus riche fonds de ressources savantes offertes en direct au Canada 13.





Collections numérisées Du Canada
Collections numérisées du Canada
http://collections.ic.gc.ca





Musée virtuel du Canada
Page d’accueil du Musée virtuel du Canada.
Gracieuseté du Réseau canadien d’information sur le patrimoine, ministère du Patrimoine canadien.
http://www.museevirtuel.ca/Francais/



Plus récemment, l’accent mis sur l’expansion des services gouvernementaux en direct a assuré le soutien financier d’autres projets, comme le Musée virtuel du Canada 14 (MVC) qui appuie la création de contenu muséal en direct. Le MVC constitue aussi un portail d’accès à des expositions virtuelles décentralisées (ainsi qu’au contenu même du site du MVC). La création de portails de ce genre 15 est la première étape de ce que certains intervenants du milieu considèrent comme l’itération suivante de la présence muséale en direct : le méta-musée, fruit du regroupement des ressources éparpillées des musées individuels 16. Cette tendance est évoquée par d’autres exemples, dont Images Canada 17, guichet d’accès unique aux collections éparpillées de divers organismes culturels gouvernementaux et non gouvernementaux, une entente de collaboration entre les organismes fédéraux à vocation culturelle qui vise la création d’un système en direct de billetterie et de réservation pour combler les besoins de tous les partenaires, et la Place du Canada et Culture Canada 18, portails du ministère du Patrimoine canadien qui font découvrir la culture canadienne.





Culture Canada
Culture Canada
http://www.culturecanada.gc.ca
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